Barrage de Kikot : plus de 50 financiers intéressés par le projet
Plus de 50 financiers s’intéressent au barrage de Kikot, un projet hydroélectrique de 500 MW évalué à 872 milliards de FCFA au Cameroun.

Le projet hydroélectrique de Kikot franchit une nouvelle étape dans sa recherche de financements. Plus de 50 partenaires financiers ont manifesté leur intérêt pour cette infrastructure de 500 MW, portée conjointement par l’État du Cameroun et EDF. Estimé à 872 milliards de FCFA, le chantier entre dans une phase déterminante : transformer l’intérêt des investisseurs en engagements financiers concrets.
Au Cameroun, le barrage hydroélectrique de Kikot poursuit sa progression, avec un défi majeur en ligne de mire : réunir les ressources nécessaires à sa réalisation. À Yaoundé, le 15 septembre 2026, la société Kikot-Mbebe Hydro Power Company (KHP) a annoncé avoir identifié plus de 50 partenaires financiers potentiellement intéressés par le projet. Une perspective encourageante pour cette infrastructure appelée à renforcer les capacités de production électrique du pays.
Derrière cette mobilisation, une réalité demeure toutefois incontournable : manifester son intérêt ne signifie pas encore s’engager à financer. Pour KHP, l’heure est désormais aux discussions individuelles avec les investisseurs afin de faire émerger les financements indispensables à la concrétisation du chantier.
Plus de 50 investisseurs dans le radar de KHP
Les partenaires financiers potentiels ont été identifiés à la suite d’une étude de marché menée par KHP avec l’appui d’un cabinet financier. Cette démarche devait permettre de mesurer l’intérêt des bailleurs pour le projet et de repérer les institutions susceptibles de participer à son financement.
« Cet exercice a permis d’identifier plus de 50 partenaires financiers qui ont manifesté leur intérêt à ce projet », a déclaré Ahmat Tom, président du conseil d’administration de KHP.
La prochaine étape consistera à engager des discussions bilatérales avec chacun des prêteurs potentiels. Le gouvernement envisage également une conférence des bailleurs, qui pourrait contribuer à structurer la mobilisation des ressources.
L’enjeu est considérable : faire passer le projet d’une phase de préparation à une phase de financement suffisamment avancée pour permettre le lancement des travaux.
Un investissement de 872 milliards de FCFA
Développé sur le fleuve Sanaga par l’État camerounais et EDF, le barrage de Kikot affiche une puissance prévue de 500 MW. Son coût global est évalué à 872 milliards de FCFA, lignes électriques associées comprises, selon le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029 publié en juillet 2026 par la Direction générale du Budget.
Une correspondance du président du conseil d’administration de KHP adressée au ministère de l’Eau et de l’Énergie en septembre 2025 faisait, pour sa part, état d’un besoin de financement de 620 milliards de FCFA. Ces montants renvoient à des périmètres ou à des évaluations distinctes et ne doivent donc pas être confondus.
Le projet ambitionne de devenir la plus grande infrastructure hydroélectrique du Cameroun et d’Afrique centrale, selon KHP. Il s’inscrit dans une stratégie visant à accroître l’offre d’électricité, alors que la demande énergétique constitue un enjeu majeur pour l’activité économique et les ménages.
Kikot s’inspire du modèle de Nachtigal
Pour structurer son financement, KHP entend s’appuyer sur le modèle du barrage de Nachtigal, d’une capacité de 420 MW. Sa construction avait mobilisé environ 1,2 milliard d’euros, soit près de 787 milliards de FCFA, avec la participation de plusieurs partenaires, dont la Société financière internationale (SFI).
Cette expérience fournit un précédent pour la mobilisation de financements autour d’un grand projet énergétique. Kikot doit néanmoins franchir ses propres étapes, notamment en matière de financement, de réglementation et de préparation des travaux.
Selon Ahmat Tom, plusieurs avancées importantes ont déjà été enregistrées : « l’achèvement des études APD, l’obtention du certificat de conformité environnemental et social, la signature des décrets d’indemnisation ». Les entreprises appelées à intervenir sur les principaux lots de construction ont également été préqualifiées.
En parallèle, des échanges se poursuivent avec l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (Arsel) en vue de l’obtention du titre de concession.
L’urgence énergétique donne du poids au calendrier
Pour KHP, le calendrier du projet revêt une dimension économique importante. Son président estime que le Cameroun pourrait connaître un déséquilibre entre l’offre et la demande d’électricité dès 2027 si de nouvelles capacités de production ne sont pas mises en service.
« Les principaux éléments de maturité de ce projet sont disponibles », affirme le PCA de KHP, qui souhaite accélérer la recherche de financements.
Il met également en garde contre les conséquences économiques d’un éventuel retard : « chaque mois de retard dans la réalisation du barrage de Kikot représente des GWh qui manquent au rendez-vous, des revenus du secteur différés, des points en moins au PIB du Cameroun ».
Le projet dispose donc d’éléments techniques et administratifs avancés, mais son passage à la construction dépendra désormais de la concrétisation des financements. Les prochaines discussions avec les investisseurs seront déterminantes pour mesurer la capacité du Cameroun à transformer l’intérêt suscité par Kikot en une infrastructure énergétique opérationnelle.
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